Entre 1998 et 2001, le canton de Vaud a gagné plus de 20000 emplois.
C’est ce que révèle le recensement fédéral des entreprises du 28
septembre 2001 qui dénombre, à cette date, 287 700 emplois1.
L’augmentation enregistrée marque un retour à la croissance de l’emploi
après les lourdes pertes subies au cours de la décennie nonante.
Depuis septembre 2001, la conjoncture économique est nettement moins
favorable; les tendances les plus récentes, mesurées par la statistique
trimestrielle de l’emploi, révèlent même une contraction estimée à
quelque 4 500 emplois2; le bilan reste toutefois meilleur dans le
canton qu’au niveau national.
Les difficultés de certaines entreprises vaudoises, notamment dans le
secteur industriel, ont défrayé la chronique au cours des deux
dernières années. Les conséquences de ces difficultés, en termes
d’emplois, ne sont que partiellement prises en compte par les données
du recensement de 2001. La baisse actuelle des emplois n’épargne pas le
tertiaire mais reste plus importante dans le secondaire.
Recenser les entreprises : indispensable
L’analyse présentée porte essentiellement sur les résultats du
recensement fédéral des entreprises de septembre 2001 qui couvre les
secteurs secondaire et tertiaire. Le recensement ne relève que quelques
caractères structurels importants, tels le nombre d’emplois et la
branche d’activité économique, mais le fait auprès de la totalité des
entreprises, qu’elles appartiennent à l’industrie, aux arts et métiers,
au commerce et aux services, aux professions libérales, à
l’administration publique, à la sécurité sociale ou aux organisations
sans but lucratif3. Réalisé trois fois par décennie, il est le seul
relevé mené auprès de la totalité des unités de production du pays, ce
qui en fait une enquête irremplaçable. Par ailleurs, il participe à la
mise à jour du Registre fédéral des établissements et des entreprises
qui sert de base au tirage d’échantillons lors des enquêtes par sondage
et qui permet, ensuite, l’extrapolation des résultats aux niveaux
national, régional ou cantonal.
Le cas particulier de l’agriculture
Le domaine de l’agriculture, de la viticulture et de la pêche fait
l’objet d’un autre recensement, également périodique, dont le dernier a
été réalisé le 2 mai 2000. Afin d’analyser, dans cette publication,
l’évolution de l’ensemble des emplois du canton, on a cumulé les deux
sources d’informations, même lorsque les dates des relevés ne
coïncidaient pas exactement. Une estimation des emplois du secteur
primaire a par ailleurs été faite pour les années où les données
étaient soit incomplètes, soit non comparables dans le temps.
Etablissements et emplois recensés
Comme les recensements précédents, celui de 2001 porte sur les unités
de production situées en Suisse. Seul l’emplacement géographique du ou
des établissements d’une entreprise est déterminant, et non la réalité
plus ou moins complexe de ses relations organisationnelles et
financières avec l’étranger.
A l’intérieur des établissements situés en Suisse, tous les emplois
sont comptabilisés4, qu’ils soient occupés par des résidents
permanents, par des travailleurs ne séjournant que temporairement en
Suisse (saisonniers, détenteurs de permis de courte durée) ou par des
personnes résidant à l’étranger (travailleurs frontaliers). Il s’agit
donc d’une notion différente de celle de population active, mesurée par
exemple lors des recensements fédéraux de la population et qui ne
recouvre que les personnes habitant le pays.
Dans un premier temps, cette publication fait le bilan des principaux
changements structurels intervenus durant la décennie nonante; elle
présente ensuite certains aspects de la distribution géographique des
emplois sur le territoire vaudois puis met l’accent, successivement,
sur les secteurs secondaire et tertiaire; quelques informations sur le
nombre et les caractéristiques des entreprises complètent cette analyse
du tissu économique vaudois.
- Sans l’agriculture et le reste du secteur primaire qui comptent 19 600 emplois en mai 2000
- Estimation de la variation entre fin septembre 2001 et fin mars 2003, source STATEM, OFS
- Les ménages privés ne sont pas pris en compte, même lorsqu’ils
emploient du personnel domestique. Ne sont pas non plus pris en compte
les représentations des Etats étrangers en Suisse, les organisations
internationales ni les établissements dont le personnel travaille moins
de 20 heures par semaine au total.
- Pour autant qu’ils représentent au moins 6 heures de travail par semaine.